Utopie & Utopisme

Alok Nandi just convened the conference by Prof. Raymond Trousson at Mundaneum, Mons, Belgium, where they talked a.o. about the difference between “utopie” and “utopisme”. It was all in French:

Sciences, techniques et bonheur, de l’utopie à l’anti-utopie
Par Raymond Trousson, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles
Dans le cadre de l’exposition “Utopia, de l’Atlantide aux cités du futur”
Le jeudi 20 septembre à 20h
Au Mundaneum

Quand et comment les sciences et les techniques, si présentes dans les utopies et dystopies modernes, font-elles leur apparition dans ce genre littéraire ? Absentes dans les récits de l’antiquité, elles se manifestent dès la Renaissance, mais étroitement reliées à la religion et à la métaphysique et, sauf chez Francis Bacon, ne conditionnent en rien le mode de vie de la Cité. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, mis à part “L’An 2440″ de Louis-Sébastien Mercier, les utopies peuvent tout au plus contenir des informations sur un savoir encore interdit, le genre romanesque autorisant, par sa fantaisie avouée, des propos inacceptables ailleurs.
La perspective devait se modifier à partir de la révolution industrielle. Nombreuses sont alors les utopies qui, jusqu’à la fin du XIXe siècle et au-delà, manifestent le culte de la science et de la technique, encouragé par le développement du scientisme et du positivisme. Toutefois, dès 1846, se fait jour une approche pessimiste du phénomène. Après être apparues comme libératrices, sciences et techniques se font asservissantes, mécanisent l’humain et ouvrent la voie à la contre-utopie, dont les exemples sont nombreux, de Zamiatine à Huxley.
Dès lors, la problématique concerne essentiellement une éthique. L’utopie en vient à s’interroger sur l’utilisation d’un savoir déshumanisant et sur les méfaits d’une technique que ne régit aucune morale et se trouve inféodée à un système politico-économique néfaste. Le retour, à la fin du XXe siècle, vers une certaine forme d’utopie positive, portera condamnation sur l’illusion d’un progrès indéfini et la promesse d’un « bonheur » grégaire ignorant des valeurs essentielles.
Raymond Trousson

Raymond Trousson, professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles, est l’auteur de nombreux ouvrages sur les grands auteurs du siècle des Lumières. Dans le domaine de l’utopie, il a publié plusieurs éditions critiques de textes classiques et est aussi l’auteur des “Voyages aux Pays de nulle part. Histoire littéraire de la pensée utopique” (3e édition, 1999), des “Religions d’Utopie” (2001) et de “Sciences, techniques et utopies. Du paradis à l’enfer” (2003).

Dans le cadre de l’exposition “UTOPIA, de l’Atlantide aux cités du futur”, du 20.04 au 28.10.2007.

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